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Non-conformité Qualiopi : mineure ou majeure, et que faire

Une non-conformité mineure correspond à un respect partiel de l'attendu d'un indicateur : son plan d'action doit être mis en œuvre dans un délai de six mois. Une non-conformité majeure correspond à un attendu pas du tout respecté : les actions correctives doivent être vérifiées sous trois mois, sinon la certification est suspendue. Cinq mineures non levées à la décision valent une majeure.

Mis à jour le . Par Fabienne Lafrontière, dirigeante d'un organisme de formation certifié Qualiopi.

En bref : les deux niveaux et les deux délais

Une non-conformité est un écart entre ce que votre organisme fait et ce qu'exige un indicateur du référentiel. Le guide de lecture les classe en deux niveaux, l'arrêté du 6 juin 2019 fixe les délais.

Le point que beaucoup découvrent trop tard : la pondération dépend de l'indicateur. Certains indicateurs ne peuvent donner lieu qu'à une non-conformité majeure, même si votre écart est petit.

Non-conformité mineureNon-conformité majeure
DéfinitionRespect partiel de l'attendu de l'indicateurAttendu pas du tout respecté ; ou non-respect, même partiel, pour les indicateurs qui n'admettent pas de mineure
Quels indicateursLes 15 indicateurs gradables : 1, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 28, 30Tous les indicateurs ; c'est la seule possibilité pour les 17 qui n'admettent pas de mineure
DélaiPlan d'action envoyé au certificateur dans le délai qu'il fixe, mise en œuvre sous six moisVérification de la mise en œuvre des actions correctives effective sous trois mois
VérificationÀ l'audit suivantSous trois mois ; audit complémentaire possible, à distance ou sur site
Si rien n'est faitRequalifiée en majeure à l'audit suivantSuspension de la certification, puis retrait après trois mois sans action

Quels indicateurs peuvent être mineurs

D'après le guide de lecture V8 (page 3), les indicateurs faisant l'objet d'une gradation, mineure ou majeure, sont les suivants : 1, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 28, 30. Pour les 17 autres, le non-respect, même partiel, entraîne une non-conformité majeure.

Le guide décrit, pour chaque indicateur gradable, ce qui caractérise la mineure : une information partiellement accessible pour le 1, un dispositif existant mais incomplet pour le 8, une mise en œuvre partielle des mesures pour le 12, l'absence d'exploitation de la veille pour les 23, 24 et 25, l'absence de sollicitation d'une partie prenante pour le 30. La fiche de chaque indicateur donne sa définition exacte.

Cinq mineures non levées = une majeure

L'article 1er de l'arrêté du 6 juin 2019 pose la règle : l'existence d'au moins cinq non-conformités mineures non levées à la prise de décision constitue une non-conformité majeure. Une certification ne peut pas être délivrée tant qu'il reste une non-conformité majeure non levée.

Autrement dit, des petits écarts qui s'accumulent finissent par bloquer la certification. C'est un argument pour traiter les mineures tout de suite, pas à l'audit suivant.

Suspension et retrait

L'article 5 précise qu'une certification peut être suspendue ou retirée au regard de la gravité, du nombre ou de la récurrence des non-conformités détectées, dans deux cas : des non-conformités majeures non levées sous trois mois, ou des non-conformités mineures déjà détectées pour lesquelles l'organisme n'a ni proposé ni mis en œuvre d'actions correctives efficaces.

Le déroulé pour une majeure : si les actions correctives ne sont pas vérifiées sous trois mois, la certification est suspendue. La suspension est levée par le certificateur à réception des preuves du retour en conformité et du solde des majeures. Sans mise en œuvre dans les trois mois suivant la suspension, la certification est retirée, ou n'est pas délivrée, et il faut un nouvel audit initial.

À l'audit initial, l'analyse des non-conformités et des plans d'action peut conduire le certificateur à délivrer la certification sur les seules catégories d'actions conformes. Si la certification est refusée, une nouvelle demande auprès d'un certificateur ne peut pas être déposée avant un délai de trois mois à compter du refus (article 8). Passé ce délai, vous indiquez les non-conformités signalées et démontrez qu'elles sont résolues.

Plan d'action : ce qu'il doit contenir

L'arrêté demande un plan d'action, envoyé au certificateur dans le délai que celui-ci fixe. Il ne détaille pas son contenu. Voici ce que je vous conseille d'y écrire, pour chaque non-conformité : sa cause, l'action corrective, la personne responsable, l'échéance, et la preuve qui montrera que l'action est faite. Ce sont ces preuves que le certificateur regardera. À l'audit de surveillance, l'arrêté prévoit d'ailleurs une attention particulière à l'efficacité des actions correctives et des mesures préventives du plan d'action.

Traitez la cause, pas seulement le symptôme. Un questionnaire de satisfaction qui manquait pour les financeurs se règle par un calendrier annuel de sollicitation, pas par un questionnaire envoyé une fois pour cet audit.

Ce que les chiffres disent, et ce qu'ils ne disent pas

Chez ICPF, en 2024, 1 806 audits sur 4 554 ont relevé au moins une non-conformité, soit 39,7 %. Les causes les plus fréquentes : l'indicateur 30 (802 cas), l'usage non conforme de la marque (472), l'affichage du certificat (356), l'indicateur 1 (352), l'indicateur 8 (269).

Ces chiffres ne distinguent pas mineures et majeures. Je n'ai trouvé aucune statistique nationale (ministère, France compétences, Cofrac) sur la part des majeures, des suspensions ou des retraits : je ne cite donc rien à ce sujet.

Ce que je vérifie avant l'audit

Lors d'un diagnostic ou d'un audit à blanc, je reprends vos indicateurs un par un et je classe chaque écart : ce qui ressemblerait à une non-conformité majeure, ce qui serait une mineure, ce qui est déjà solide. Le classement n'a rien d'officiel : il ne préjuge pas de la décision de votre organisme certificateur, seul compétent. Il vous permet d'attaquer d'abord ce qui pèse le plus.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une non-conformité mineure et majeure ?

Une mineure correspond à un respect partiel de l'attendu de l'indicateur, une majeure à un attendu pas du tout respecté. Quinze indicateurs seulement admettent une mineure ; pour les 17 autres, le non-respect, même partiel, est une majeure (guide de lecture V8, page 3).

Combien de temps pour lever une non-conformité majeure ?

La vérification de la mise en œuvre des actions correctives doit être effective sous trois mois. À défaut, la certification est suspendue (arrêté du 6 juin 2019, article 5).

Que se passe-t-il si la mineure n'est pas levée ?

Le plan d'action est mis en œuvre dans un délai de six mois et vérifié à l'audit suivant. S'il n'est pas levé à ce moment, la non-conformité mineure est requalifiée en non-conformité majeure.

Cinq mineures peuvent-elles bloquer ma certification ?

Oui : au moins cinq non-conformités mineures non levées à la prise de décision constituent une non-conformité majeure, et une certification ne peut pas être délivrée tant qu'il reste une majeure non levée (article 1er).

Et pour votre organisme ?

Je ne certifie pas et je ne promets pas la certification : je vous aide à arriver à l'audit avec les preuves.

À lire aussi

Sources

  1. Arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d'audit associées au référentiel national (NOR MTRD1903979A), texte publié au Journal officiel du 8 juin 2019, relu en entier ; les modifications ultérieures (2020, 2023) ne sont pas reprises ici (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
  2. Arrêté du 6 juin 2019, version consolidée sur Légifrance (référence officielle, non relue : accès automatique bloqué) (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
  3. ICPF, Chiffres clés des audits Qualiopi 2024 et non-conformités les plus fréquentes (publié le 17 juin 2025) (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
  4. Guide de lecture du référentiel national qualité, V8 du 23 novembre 2023 (DGEFP, ministère du Travail), page 3, hébergé par France compétences (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026