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Indicateur 30 Qualiopi : recueil des appréciations des parties prenantes
L'indicateur 30 demande de recueillir les appréciations de toutes vos parties prenantes : les bénéficiaires, les financeurs, les équipes pédagogiques et les entreprises concernées. Ne solliciter qu'une partie d'entre elles donne une non-conformité mineure. C'est le premier écart relevé par ICPF en 2024, avec 802 non-conformités.
Mis à jour le . Par Fabienne Lafrontière, dirigeante d'un organisme de formation certifié Qualiopi.

Ce que dit l'indicateur (libellé officiel, critère 7)
Libellé officiel, d'après le guide de lecture V8 (page 35) : « Le prestataire recueille les appréciations des parties prenantes : bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques et entreprise concernées. »
Il appartient au critère 7 : Le recueil et la prise en compte des appréciations et des réclamations formulées par les parties prenantes aux prestations délivrées.
Le piège est dans la liste. Le questionnaire de satisfaction des stagiaires, tout le monde le fait. L'auditeur cherche les autres parties prenantes : les financeurs, les formateurs et l'entreprise du stagiaire. Le guide précise que les modalités de recueil peuvent être différentes selon la partie prenante.
Pour les financeurs, la sollicitation n'est pas exigée à la fin de chaque prestation, mais elle doit avoir lieu au moins une fois par an, ou selon les modalités précisées par le financeur, pour lui permettre de faire part de ses observations sur votre activité. Elle peut être remplacée par la participation à des webinaires thématiques ou des réunions sur les bonnes pratiques organisés par le financeur.
Qui est concerné (catégories d'action, nouveaux entrants, applicabilité)
Indicateur commun (guide de lecture V8). Il ne figure pas parmi les onze indicateurs à modalité d'audit adaptée pour les nouveaux entrants.
Toutes les catégories. Pour les bilans de compétences, seules les appréciations des bénéficiaires et des équipes pédagogiques sont requises, avec un questionnaire d'évaluation à l'issue du bilan et à six mois en exemple de preuve.
Le niveau attendu et ce que vérifie l'auditeur
Niveau attendu, selon le guide de lecture : « Démontrer la sollicitation des appréciations à une fréquence pertinente, incluant des dispositifs de relance et permettant une libre expression. »
L'auditeur vérifie trois choses : qui vous sollicitez, à quelle fréquence, et comment vous relancez ceux qui ne répondent pas. Il ne se contente pas de la sollicitation : il regarde l'analyse et le traitement des appréciations formulées. Le guide est net sur un point : les évaluations des acquis ne sont pas un élément de preuve probant pour cet indicateur.
Les preuves que l'auditeur attend
Le guide de lecture V8 (page 35) donne des exemples de preuves, qui ne sont pas exhaustifs : la conformité repose sur l'appréciation de l'auditeur, proportionnée à la formation.
- Enquête de satisfaction, questionnaire, comptes rendus d'entretiens, évaluation à chaud et/ou à froid pour les bénéficiaires
- Recueil auprès des financeurs au moins une fois par an (ou webinaires/réunions du financeur), des équipes pédagogiques et de l'entreprise concernée
- Analyse et traitement des appréciations ; les évaluations des acquis ne sont pas une preuve probante pour cet indicateur
Non-conformité : mineure ou majeure ?
Cet indicateur fait partie des 15 qui admettent une gradation. Dans l'échantillon audité, une non-conformité mineure est caractérisée par l'absence de sollicitation des appréciations d'une partie prenante ; pour les financeurs, une non-conformité mineure est caractérisée par l'absence de contact ou de participation à des webinaires ou réunions organisés par le financeur. Lorsque l'attendu n'est pas du tout respecté, la non-conformité peut être majeure (guide de lecture V8, page 3).
Si l'écart sur l'indicateur 30 est mineur, le plan d'action est envoyé au certificateur puis mis en œuvre sous six mois, et vérifié à l'audit suivant ; non levé, il est requalifié en majeure. Cinq mineures non levées à la décision valent une majeure (arrêté du 6 juin 2019, articles 1er et 5).
Ce qui change le 1er novembre 2026
Cet indicateur n'est cité comme modifié dans aucune des quatre listes que j'ai relues (Certifopac, Digi-certif, Capcertification, OK Solution). L'ANFH indique que le critère 7 est renforcé, ce qui vise plutôt le 33e indicateur, réservé aux CFA. Je ne peux donc pas dire que l'indicateur 30 change : vérifiez l'annexe du décret sur Légifrance.
Pièges à éviter
Ce qui suit est ma lecture du guide de lecture V8, pas une statistique.
- Ne solliciter que les stagiaires et oublier les financeurs, les équipes pédagogiques et les entreprises.
- Un questionnaire sans dispositif de relance des non-répondants, alors que le niveau attendu parle de relance.
- Un questionnaire fermé, sans espace de libre expression.
- Présenter des résultats d'évaluation des acquis comme preuve : le guide dit qu'ils ne sont pas probants ici.
- Aucun contact avec le financeur dans l'année et aucune participation à ses webinaires ou réunions : c'est la définition de la non-conformité mineure pour les financeurs.
- Recueillir sans analyser ni traiter : le guide cite l'analyse et le traitement des appréciations parmi les preuves.
Par où commencer
Faites un tableau : une ligne par partie prenante (bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques, entreprises), avec l'outil, la fréquence, la relance et la date du dernier recueil. Une ligne vide est votre priorité.
Testez cet indicateur dans le pré-audit
La question Q28 du pré-audit porte sur cet indicateur : « Recueillez-vous les appréciations de TOUTES les parties prenantes (bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques, entreprises) et les analysez-vous ? » Vous répondez par oui, partiellement, non ou je ne sais pas, et vous obtenez la recommandation correspondante.
Un pré-audit n'est pas un audit et ne préjuge pas de la décision de votre organisme certificateur.
Questions fréquentes
Que demande l'indicateur 30 de Qualiopi ?
Le libellé officiel est : « Le prestataire recueille les appréciations des parties prenantes : bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques et entreprise concernées. » Le niveau attendu : Démontrer la sollicitation des appréciations à une fréquence pertinente, incluant des dispositifs de relance et permettant une libre expression.
Quelles preuves présenter pour l'indicateur 30 ?
Le guide de lecture cite notamment : Enquête de satisfaction, questionnaire, comptes rendus d'entretiens, évaluation à chaud et/ou à froid pour les bénéficiaires ; Recueil auprès des financeurs au moins une fois par an (ou webinaires/réunions du financeur), des équipes pédagogiques et de l'entreprise concernée ; Analyse et traitement des appréciations ; les évaluations des acquis ne sont pas une preuve probante pour cet indicateur. Ces exemples ne sont pas exhaustifs.
Une absence de preuve est-elle une non-conformité majeure pour l'indicateur 30 ?
Pas forcément : cet indicateur admet une non-conformité mineure lorsque l'attendu est partiellement respecté, c'est-à-dire, selon le guide, lorsque la non-conformité est caractérisée par l'absence de sollicitation des appréciations d'une partie prenante. Elle devient majeure si l'attendu n'est pas du tout respecté.
Pourquoi l'indicateur 30 est-il si souvent en écart ?
Chez ICPF, sur 4 554 audits en 2024, l'indicateur 30 représente 802 non-conformités, soit 44 % des audits avec au moins une non-conformité. La source ne détaille pas la répartition entre mineures et majeures, ni les causes : ce sont des comptages sur un seul certificateur. Ce que le guide exige, c'est de solliciter chaque partie prenante.
À quelle fréquence solliciter les financeurs ?
Au moins une fois par an, ou selon les modalités précisées par le financeur. La sollicitation peut être remplacée par la participation à des webinaires thématiques ou à des réunions sur les bonnes pratiques organisés par le financeur (guide de lecture V8, page 35).
Et pour votre organisme ?
Je ne certifie pas et je ne promets pas la certification : je vous aide à arriver à l'audit avec les preuves.
À lire aussi
Sources
- Guide de lecture du référentiel national qualité, V8 du 23 novembre 2023 (DGEFP, ministère du Travail), page 35, hébergé par France compétences (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
- Arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d'audit associées au référentiel national (NOR MTRD1903979A), texte publié au Journal officiel du 8 juin 2019, relu en entier ; les modifications ultérieures (2020, 2023) ne sont pas reprises ici (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
- Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences, JORF du 4 août 2026, Légifrance (lecture partielle : article 2, entrée en vigueur le 1er novembre 2026 ; le texte complet de l'annexe n'a pas pu être relu, le site bloque les accès automatiques) (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
- Certifopac, Tout savoir sur le nouveau référentiel national qualité (entrée en vigueur, 33e indicateur, liste des indicateurs modifiés, règle avant/après le 1er novembre 2026) (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
- Digi-certif, Décret 2026-728 : les changements Qualiopi au 1er novembre 2026 (liste des indicateurs modifiés, transition, guide V10 annoncé) (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
- ICPF, Chiffres clés des audits Qualiopi 2024 et non-conformités les plus fréquentes (publié le 17 juin 2025) (nouvel onglet), consulté le 30 septembre 2026
